Cadmium dans les pâtes : ce que dit vraiment l’étude 60 Millions (et ce qu’elle ne prouve pas)

36 pâtes testées, 29 dépassent le taux de cadmium relevé ce printemps dans les flocons d’avoine. Aucune ne dépasse le seuil légal. Voici ce que dit vraiment l’étude – et ce qu’elle ne prouve pas.

60 Millions de Consommateurs a publié le 28 août 2026 les résultats d’une analyse portant sur 36 références de pâtes (Barilla, Lustucru, Panzani, Rummo et marques distributeur). Le sujet est sérieux, la conclusion l’est moins que le titre le laisse craindre. On regarde les chiffres, la cause, et surtout la question qu’on nous pose le plus depuis : le bio est-il concerné ?

Ce que l’étude a trouvé

29 références sur 36 dépassent les taux de cadmium relevés au printemps 2026 dans les flocons d’avoine — un repère de comparaison, pas un seuil réglementaire. Aucun des 36 produits ne dépasse le seuil légal en vigueur. Les moins bons résultats : le penne Barilla (0,066 mg/kg) et un spaghetti blé complet (0,071 mg/kg). Deux marques distributeur — Marque Repère (Leclerc) et U — ressortent sans cadmium détecté.

Un point revient dans plusieurs de nos lecteurs sur ce type d’actualité : la fatigue de devoir vérifier chaque produit un par un.
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Pourquoi le complet est plus exposé que le blanc

Contre-intuitif, mais logique une fois expliqué : le cadmium s’accumule dans l’enveloppe du grain, pas dans son cœur. Le raffinage qui produit les pâtes blanches retire une partie de cette enveloppe – et donc une partie du cadmium avec. Les pâtes complètes, qui conservent l’enveloppe pour ses fibres, conservent aussi davantage de cadmium. Ce n’est l’inverse d’aucun autre bénéfice nutritionnel du complet (fibres, index glycémique) – juste un arbitrage à connaître, pas une raison d’arrêter le complet.

D’où vient le cadmium

Le cadmium est naturellement présent dans les sols, en faible quantité. Ce qui l’amplifie, selon l’Anses : les engrais phosphatés utilisés pour fertiliser les cultures, dont certains gisements naturels sont plus riches en cadmium que d’autres. L’Anses demande un plafond à 20 mg/kg de cadmium dans les engrais phosphatés – la réglementation européenne autorise jusqu’à 60 mg/kg, la norme française jusqu’à 90 mg/kg. L’écart entre ce qui est demandé et ce qui est autorisé donne la mesure du sujet.

Le bio est-il concerné ? Ce que l’étude ne dit pas

Réponse honnête : on ne sait pas, et il faut le dire clairement plutôt que de laisser penser le contraire.

L’étude ne teste aucune marque bio. Les deux « bons élèves » de ce classement – Marque Repère et U – sont des marques distributeur conventionnelles, pas des marques bio. Le cadmium étant naturellement présent dans les sols indépendamment du mode de culture, rien ne permet d’affirmer que le bio en serait mécaniquement protégé – ni l’inverse. À ce jour, nous n’avons trouvé aucune étude comparant spécifiquement bio et conventionnel sur ce point précis. Tant qu’elle n’existe pas, la question reste ouverte – et nous préférons l’écrire plutôt que d’y répondre au jugé.

Ce refus de trancher sans preuve, c’est la ligne éditoriale de tout ce qu’on publie ici.
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Réduire son exposition, sans y penser à chaque repas

Pas besoin d’éliminer les pâtes complètes ni de traquer une marque en particulier. Le principe qui fonctionne contre l’exposition cumulée à n’importe quel contaminant en trace : la diversité, pas l’élimination.

  • Varier les marques et les céréales plutôt que consommer systématiquement la même référence
  • Alterner pâtes et légumineuses (lentilles, pois chiches) comme source de fibres et de protéines — une voie d’exposition différente, pas la même culture ni le même sol
  • Garder le complet pour ses bénéfices réels (fibres, satiété) sans en faire une base exclusive du foyer

La légumineuse, justement, est un des piliers d’une alimentation plus végétale sans y perdre en équilibre.
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Questions fréquentes

Le cadmium dans les pâtes est-il dangereux pour la santé ?

Aucun des 36 produits testés par 60 Millions de Consommateurs ne dépasse le seuil légal en vigueur. Le cadmium est un métal lourd qui s’accumule dans l’organisme sur le long terme, ce qui justifie de limiter une exposition répétée aux références les moins bien classées — sans alarmisme sur une consommation occasionnelle.

Pourquoi les pâtes complètes contiennent-elles plus de cadmium que les pâtes blanches ?

Le cadmium s’accumule dans l’enveloppe du grain. Le raffinage qui produit les pâtes blanches retire cette enveloppe, et une partie du cadmium avec. Les pâtes complètes la conservent, pour ses fibres — et conservent donc aussi davantage de cadmium.

Les marques bio sont-elles concernées par le cadmium dans les pâtes ?

L’étude ne teste aucune marque bio. Le cadmium est naturellement présent dans les sols indépendamment du mode de culture, et aucune étude comparative bio/conventionnel sur ce point précis n’a été trouvée à ce jour — la question reste donc ouverte, sans réponse tranchée dans un sens ou dans l’autre.

D’où vient le cadmium présent dans les cultures ?

Il est naturellement présent dans les sols en faible quantité. Les engrais phosphatés utilisés pour fertiliser les cultures en apportent davantage selon l’origine du gisement. L’Anses demande un plafond à 20 mg/kg dans ces engrais ; la réglementation européenne autorise jusqu’à 60 mg/kg, la norme française jusqu’à 90 mg/kg.

Comment réduire son exposition au cadmium au quotidien ?

Varier les marques et les céréales plutôt que consommer systématiquement la même référence, alterner avec des légumineuses, et garder les pâtes complètes pour leurs bénéfices sans en faire une base exclusive. La diversité limite l’exposition cumulée mieux que l’élimination d’un seul produit.

Sources et méthode

60 Millions de Consommateurs, numéro de rentrée 2026, publié le 28 août 2026 (analyse relayée par Alice Klodzinski, Le Figaro). Données sur les engrais phosphatés et le cadmium : Anses. Cet article s’appuie exclusivement sur cette étude et les seuils réglementaires publics — aucun test indépendant n’a été mené par bio-marseille.fr.