Chaque été, la question revient : y a-t-il beaucoup de moustiques à Marseille, et surtout comment s’en protéger sans se transformer en usine à produits chimiques ? Entre le moustique commun et le moustique tigre désormais installé dans les Bouches-du-Rhône, voici ce qu’il faut savoir — et ce qui marche vraiment, par opposition aux idées reçues qui circulent partout.
Le meilleur anti-moustique n est pas un produit. C est un environnement où ils ne peuvent pas se reproduire. Tout ce qui suit découle de ce principe.
En résumé
- ✔️ Videz les eaux stagnantes
- ✔️ Installez des moustiquaires
- ✔️ Utilisez un ventilateur
- ✔️ Diffusez une huile essentielle, avec précautions
- ✔️ Évitez les insecticides en intérieur
Est-ce qu’il y a des moustiques à Marseille ?
Oui, comme partout dans le sud de la France. Le climat méditerranéen — chaleur, humidité par épisodes, points d’eau — offre des conditions favorables. À la population de moustiques « communs » s’ajoute désormais le moustique tigre (Aedes albopictus), une espèce plus petite, active en journée, implantée durablement dans le département depuis plus d’une décennie.
Pourquoi sont-ils nombreux cette année ?
La présence des moustiques varie d’une saison à l’autre selon quelques facteurs simples :
- La chaleur : elle accélère le cycle de développement des larves.
- Les pluies suivies de beau temps : chaque averse laisse des petites réserves d’eau où les femelles pondent.
- Les eaux stagnantes : soucoupes, gouttières, seaux, bâches — le moustique tigre se reproduit dans de très petits volumes, parfois un simple bouchon d’eau.
Une année plus humide et chaude que la moyenne se traduit donc mécaniquement par une présence plus forte. Ces épisodes de chaleur sont aussi ceux où l’on cherche de la fraîcheur : voyez notre guide pour trouver de la fraîcheur à Marseille pendant la canicule. Les spécialistes parlent de gîte larvaire : le moindre récipient d eau — soucoupe de pot de fleurs, arrosoir, gouttière bouchée, jouet oublié — suffit au moustique tigre pour pondre.
Le moustique tigre est-il présent à Marseille ?
Oui. Les Bouches-du-Rhône font partie des départements où Aedes albopictus est considéré comme implanté et actif. On le reconnaît à sa petite taille, à ses rayures noires et blanches sur le corps et les pattes, et à son activité surtout diurne (contrairement au moustique commun, plutôt nocturne). Il ne vole pas loin de son lieu de naissance — ce qui explique pourquoi la lutte se joue d’abord chez soi, autour de la maison.
Quels quartiers sont les plus concernés ?
Il n’existe pas de « classement » fiable des quartiers, et méfiez-vous de ceux qui en affichent un : la présence dépend moins de l’adresse que des conditions locales. On observe logiquement plus de moustiques là où l’eau peut stagner :
Deux appartements du même quartier peuvent connaître une situation totalement différente — tout se joue à l échelle du balcon, de la cour, de la soucoupe oubliée.
- à proximité des cours d’eau et des zones humides ;
- dans les secteurs pavillonnaires avec jardins, bassins d’agrément ou récupérateurs d’eau ;
- autour des points d’eau stagnante : chantiers, terrains en friche, cimetières (vases), balcons avec soucoupes ;
- dans les copropriétés où personne ne vide les coupelles et gouttières communes.
Autrement dit : deux appartements du même quartier peuvent connaître une situation très différente selon leur environnement immédiat.
Comment éviter les moustiques naturellement ?
Soyons honnêtes, car c’est là que circulent le plus d’idées reçues : aucune plante ni aucune odeur ne rend une maison « anti-moustiques ». Ce qui fonctionne vraiment, ce sont les barrières physiques et la suppression des lieux de ponte. Par ordre d’efficacité réelle :
- Supprimer les eaux stagnantes — la mesure n°1, de loin. Videz soucoupes, seaux, bâches, gouttières chaque semaine. Pas d’eau, pas de larves.
- Les moustiquaires (fenêtres, lit) — la protection la plus fiable, sans produit.
- Le ventilateur — un courant d’air suffit à gêner le vol du moustique tigre, mauvais voilier.
- Les vêtements longs et clairs — surtout en début et fin de journée.
- Les huiles essentielles (citronnelle, géraniol, eucalyptus citronné) — un effet répulsif réel mais de courte durée (souvent moins d’une heure) et à utiliser avec précautions : jamais pures sur la peau, déconseillées aux femmes enceintes et jeunes enfants. Elles dépannent, elles ne protègent pas une soirée entière.
- La citronnelle en plante ou en bougie — l’effet est marginal et très localisé. À voir comme un plus d’ambiance, pas comme une protection.
La règle à retenir : on agit d’abord sur l’environnement (l’eau), ensuite sur le corps (moustiquaire, vêtements), et seulement en appoint sur les répulsifs.
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Le dilemme des nuits d été : les moustiques deviennent insupportables, vous fermez les fenêtres… et la chambre monte à 30 °C. Pour rafraîchir sans rouvrir, voyez notre comparatif climatiseur ou ventilateur — et le ventilateur a un bonus : son flux d air gêne le vol des moustiques.
Vous vous faites piquer ? Suivez le guide
La séquence complète, dans l’ordre :
- Moustiquaire + ventilateur — bloquer l’entrée, perturber le vol.
- Supprimer les eaux stagnantes — traquer les gîtes larvaires dans un rayon de 150 m.
- Diffusion d’huile essentielle — citronnelle de Java, avec précautions.
- Piège extérieur — intercepter avant l’entrée ; signaler à l’ANSES si infestation.

Les gestes à éviter
- Compter sur les plantes seules pour protéger un jardin ou une terrasse : inefficace contre le tigre.
- Appliquer des huiles essentielles pures sur la peau : risque d’irritation, voire de réaction.
- Multiplier les insecticides d’ambiance en intérieur : peu utiles sur le tigre, et pas neutres pour votre air intérieur.
- Laisser de l’eau stagner « quelques jours » : quelques jours suffisent au cycle larvaire.
- Vider les eaux stagnantes dans les regards ou avaloirs sans les nettoyer : ils redeviennent des gîtes.
Qui contacter ?
- Signaler un moustique tigre : la plateforme nationale officielle de signalement permet de déclarer une observation, ce qui aide la surveillance sanitaire.
- Ville de Marseille : le service communal d’hygiène et de santé peut être sollicité pour les nuisances sur l’espace public.
- ARS PACA : l’agence régionale de santé pilote la surveillance et la démoustication dans la région.
[À compléter avant publication : liens officiels exacts — plateforme de signalement, page nuisibles de la Ville de Marseille, ARS PACA.]
À Marseille, des dispositifs testés localement
Au-delà des gestes individuels, des dispositifs de lutte à l’échelle du quartier sont régulièrement expérimentés et relayés par les médias locaux — bornes de piégeage, actions de sensibilisation de terrain. Ces initiatives ne remplacent pas la suppression des eaux stagnantes chez soi, mais elles complètent la surveillance collective.
[À enrichir avec les faits vérifiés du reportage BFM Marseille sur les bornes anti-moustiques : nom du dispositif, secteur testé, résultats annoncés. Ne rien affirmer qui ne soit sourcé.]
Le moustique fait partie des désagréments de l’été marseillais, au même titre que la chaleur ou le pollen. Retrouvez nos guides pour mieux vivre la belle saison : respirer à Marseille et la biodiversité en ville.


